Volcan d'Holocène

Émerveillement
"Les rafales soufflent
Et ne permettent de voir,
Le trou béant de souffre
Cicatrisé dans l'Histoire.
Le contourner par la mer,
Par les terres de mémoires
Quand, un jour cet enfer
Donne naissance à l'espoir.
D'un gamin ne connaissant
Ni la langue, ni les bribes,
Se laissant défaillant
À écouter les scribes.
Lui verser un jour
L'odeur de la terre,
Lui offrant l'amour
De découvrir la lumière.
Quand la mort offre la vie
Sans même s'en rendre compte.
Quand l'ossuaire fleurit
De verdure qu'elle inonde.
Et tous ceux arrachant
Les pétales, les brindilles,
Au pied d'un volcan
Laissant les yeux qui brillent."

Avenues Peintes
"À mille pas du brasier,
Endormi sous la roche.
Dans les rues pavées
Sur le port où s'accrochent,
Les navires amarrés
Laissent les vagues
D'ombres s'échapper.
Des ventres qui narguent
Les cloués à la terre
Aux sourires disgracieux
Rêvant de prendre la mer.
De faire briller les yeux
Des gamins noctambules,
À raison ou à tort
Quand ils dévalent incrédules
L'avenue des sorts.
D'où les aînés guettent
L'arrivée des nuages
Des pluies, des tempêtes,
Qui tournent à l'orage.
Quand le calme revient,
Quand le silence est de mise,
Les enfants qui n'ont rien
Se dessinent sur la frise.
Des murs protecteurs,
Des briques ensorcelées
Où même les chauffeurs
Pensent à s'arrêter."

Au Large
Au large des côtes,
Se laisse apercevoir,
Des rochers et des grottes
Contant les histoires.
Que nul n'a su dire
En les voyant approcher,
Que nul n'a su écrire
En les imaginant bouger.
Au large des côtes,
L'église se profile au loin,
Sa robe d'ecchymoses
Ressemble au chagrin.
L'abandon des êtres,
Naufragés sur la terre ferme,
Quand ceux-là, décrètent
Qu'il suffirait qu'on l'enferme.
Au large des côtes,
Les murs de couleurs
Serpentent de fautes,
Les pavés de dormeurs
Sur la poussière ravagée
Il y a le sel, il y a la cendre,
Sur le volcan ensoleillé
Il y a l'amour, il y a l'offrande.
Au large des côtes,
Les pas dans la chaleur,
Manifeste liberté de l'hôte
Et liberté du cœur.

Vision du Peuple
Les matins au café,
Du royaume de ceux
Ne pouvant s'empêcher,
De se prendre aux jeux
Des passants, des scooters
Surgissant du néant.
Là où même les fleurs
Impriment les murs servants,
Dans l'imaginaire collectif,
Il n'y a pas de doute
Que des chauffeurs natifs
Traversant les gouttes.
Celles qui surprennent
Même le long d'un fil,
Là où nul mécène
Ne trahirait son île.
Ils se répandent
Telles des vagues à la mer,
Sans se méprendre,
Sans même laisser d'air
Aux étranges spectateurs,
Les bourses pleines
Ayant fui les chœurs
À l'horizon des plaines.

Il y A
Il y avait la fontaine,
Il y avait les marguerites,
Il y a ceux qui s'aiment,
Il y a quand les cœurs palpitent.
Il y avait les roseaux,
Il y avait les pervenches,
Il y a même dans l'eau,
Les poissons qui dérangent.
Il y avait les dorures,
Il y avait les sceptres,
Il y a les césures,
Il y a les tempêtes.
Il y avait l'odeur,
Il y avait les sourires,
Il y a tant de fleurs,
Que l'on pourrait en mourir.
Il y avait les statues,
Il y avait leurs regards,
Il y a dans l'incongru,
Il y a notre histoire.
Il y avait les plafonds,
Il y avait les peintures,
Il y a jusqu'au fond,
La beauté de la nature.
Il y avait les amoureux,
Il y avait leurs baisers,
Il y a tout le feu,
Il y a les condamnés.
Il y avait leurs poignets,
Il y avait leurs doigts,
Il y a même au bûcher,
Ceux qui n'aimaient que toi.
Il y avait la fontaine,
Il y avait les tulipes,
Il y a nos cœurs qui s'aiment,
Il y a quand ils palpitent.
Il y avait ma reine,
Il y avait ma musique,
Il y a dans mes poèmes,
Son visage de romantique.